Le café suspendu, déjà chez nous ?

Le café suspendu, déjà chez nous ?

La pratique du « café suspendu » est née à Naples, une ville du Sud de l'Italie où se côtoyaient au siècle dernier des gens aux niveaux de vie très inégaux, pourtant liés les uns aux autres par la proximité de la vie citadine.
Aujourd'hui en baisse, le phénomène fut toutefois le reflet d'un climat social marqué par la coopération et la solidarité. Le café était alors synonyme d'une traditiondans une ville où sa consommation s'apparentait à des instants rapides de détente tout au long de la journée.
L'idée était alors la suivante : lorsqu'une personne possède plus que le nécessaire pour survivre, celle-ci contribue au bien de tous.
Cette coutume disparaît peu à peu depuis le passage à l'euro et l'augmentation des flux touristiques. En 2011, le maire Luigi de Magistris a décidé d'instaurer une journée du « café suspendu » (Giornata del Caffè Sospeso) le 11 Décembre de chaque année, avec le soutien de plusieurs organisations culturelles napolitaines.

Le « café suspendu » en France

Le « café suspendu » est apparu sur les réseaux sociaux français grâce au groupe des Indignés, une communauté d'internautes sensible à ce genre d'initiative solidaire. Le phénomène tend à se répandre avec comme objectif pour les cafetiers de valoriser leur activité par l'aspect éthique du concept.
Est-ce critiquable ? Beaucoup pensent que ce genre d'initiative doit venir des professionnels et pas systématiquement de la demande des consommateurs. D'autres vont jusqu'à parler de l'intérêt de mettre en avant ce genre de pratique par le biais d'un label et non du simple slogan « ici, café en attente ».


Pourtant les barrières que pourrait rencontrer ce concept en France sont multiples :


D'une part le fait qu'il se répande en premier lieu dans la capitale, où le prix moyen du café semble exorbitant en comparaison avec la province. En effet beaucoup de clients se montreraient réticents à payer le double malgré une situation financière correcte.
De plus la « stigmatisation du pauvre », bien réelle et de plus en plus forte dans cette période d'instabilité économique peut freiner les bénéficiaires du « café suspendu ». Souvent pointés du doigt, les personnes en situation de difficulté financière et d'exclusion sociale s'écartent de plus en plus des lieux publics par peur du regard des autres.
Malgré ces freins éventuels le mouvement des « cafés suspendus » fait son bout de chemin, lentement mais sûrement, et séduit de plus en plus de consommateurs. L'avenir nous dira si cette démarche solidaire peut se démocratiser, ou par-delà-même amener les gens à s'interroger sur ce genre d'initiative.
En Europe le concept se répand selon une bonne dynamique : en Bulgarie, pays durement touché par la crise économique, c'est environ 150 tenanciers de café-bars qui se sont d'ores et déjà regroupés autour du projet.

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Qu'est-ce que le café suspendu ?Qu'est-ce que le café suspendu ?

L'idée des « cafés suspendus », aussi appelés « cafés en attente » ou plus généralement « cafés solidaires » est apparu à Naples, en Italie, et tend aujourd'hui à se développer dans...

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